octobre 2022
– Mise à jour mars 2024

Le climat change, votre jardin aussi !

La biodiversité au jardin

Adapter son jardin pour faire face au changement climatique et accueillir la biodiversité.
Au jardin, pourquoi et comment contribuer à diminuer les impacts du réchauffement climatique et enrayer la perte de biodiversité animale et végétale ? Non seulement pour conserver et sauver ce qui peut l’être, mais aussi pour préserver notre avenir alimentaire et sanitaire, en favorisant la pollinisation par certains insectes, la limitation des espèces invasives grâce à la petite faune, la régénérescence des sols par les lombrics, vers de terre et autres. Parmi les quelques 17 millions de jardiniers en France, quel rôle pouvez-vous jouer dans cette course contre la montre ? Comment procéder ? Que faire ou ne pas faire ? Voici quelques pistes de réflexions et de méthodes pour vous guider…

La biodiversité, à l’échelle de votre jardin, ce sont tous les organismes vivants, visibles ou invisibles qui participent à son écosystème et au-delà, à celui du territoire dans lequel il est implanté. Du plus petit au plus grand, du plus invisible au plus bruyant.

Observez

Installez-vous dans un coin du jardin et obsersez !

Quelle est la forme de votre jardin ? Qu’y trouve-t-on (arbustes, arbres, plantes sauvages) ? Quels sont les coins à l’ombre, au soleil ? Qui vient lui rendre visite (oiseaux, hérissons, reptiles, batraciens…) ? Existe-t-il une ressource en eau ? Constate-t-on des arbres et des végétaux morts ou secs ? Comment se porte votre sol (sec, »fatigué », perméable…) ?

Quelques grands principes

Créer une oasis de fraîcheur riche en biodiversité demande de respecter quelques grands principes.

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Pas de sol nu au jardin ! Couvrez votre sol avec des plantes ou avec les matières végétales dont vous disposez (feuilles mortes, tontes, petit bois, broyas de taille, paille, engrais vert…). Cela lui permettra de se régénérer, grâce à la vie animale qui va s’y installer, se nourrir des déchets et les transformer en humus.Votre sol devient vivant !

Déminéralisez !
Votre sol a plus de chances d’absorber plus rapidement les fortes précipitations et d’être plus frais en été. Un sol non minéral, c’est un sol qui respire et qui est vivant en profondeur comme à la surface. Alternez pierres et végétal (comme des pas japonais dans une allée).

Aménagez avec les différentes strates de végétation en variant les espèces.
Les différentes strates (herbacée, arbustive et arborée) permettent de se protéger du vent et d’apporter de la fraîcheur, un maximum d’ombre, une diversité d’habitat pour la faune et une plus grande résistance de votre jardin aux maladies ou aux épisodes de sècheresse. Elles facilitent l’infiltration de l’eau.
Oubliez les haies monospécifiques pour planter des haies vives diversifiées, taillées plus naturellement (et jamais pendant les périodes de reproduction des oiseaux d’avril à fin juillet). Dans un petit jardin de ville ou une cour, utilisez les murs pour varier les hauteurs de plantations. Ces endroits sont particulièrement appréciés des oiseaux pour s’y nicher ou s’y nourrir.

Plantez local, c’est planter des végétaux originaires de votre région.
Les essences locales sont adaptées au type de sol et aux contraintes du milieu.
Elles seront plus résistantes aux dérèglements climatiques que certaines espèces non indigènes introduites dans nos jardins depuis longtemps. Cependant, elles ne sont pas à l’abri d’être victimes des épisodes de sécheresse ou de gel à venir.
En agissant ainsi, on assure le gîte et le couvert à la faune locale.
Voir le guide :
Planter local ! En région Centre-Val de Loire

Préservez la ressource en eau.
L’eau peut être abondante par moment et très rare à d’autres. Pensez votre jardin avec son propre cycle de l’eau afin de profiter au mieux de toute l’eau tombée du ciel et économisez la précieuse eau potable par la récupération et l’infiltration de l’eau de pluie. L’infiltration limite le ruissèlement et elle est indispensable pour recharger les nappes phréatiques. Pour cela, il est nécessaire de rendre le jardin et les abords de la maison les plus perméables possible, d’installer des récupérateurs d’eau de toiture et des citernes enterrées, et de créer des mares, des fossés de stockage, des jardins de pluies et des noues vers lesquels orienter l’eau. Mais surtout économisez l’eau. Quelles sont les bonnes pratiques ? Arroser le soir pour éviter l’évapotranspiration, arroser les plantes qui en ont le plus besoin, favoriser le paillage qui garde l’humidité et les plantes couvre-sols, ombrager les semis fragiles, utiliser des systèmes d’arrosage différents (tuyaux poreux, oyas en terre cuite…), et choisir des plantes peu gourmandes en eau…

Contribuez à la biodiversité de votre quartier au-delà des limites du jardin.
Les jardins privés français couvrent plus d’un million d’hectares ! Il est donc essentiel que notre jardin ne soit pas une entité isolée. Il peut participer à la biodiversité de l’îlot, du quartier, du village ou de la ville, du grand paysage, à condition de favoriser les porosités pour la faune, la flore, l’eau… Les clôtures posent souvent question car elles cloisonnent les espaces et fragmentent les habitats. C’est pourquoi leur édification peut être réglementée dans les documents d’urbanisme afin d’assurer une certaine perméabilité pour la faune ou d’utiliser des végétaux d’origine locale pour améliorer la biodiversité.

Petite cour ou petit jardin

Jardin et espace public

Avec la loi interdisant le recours aux pesticides dans les espaces publics, beaucoup de collectivités proposent aux habitants de planter et fleurir leurs pieds de murs ou les trottoirs. Cet espace qu’on vous autorise à planter, en assurant un continuum entre votre jardin et l’espace public joue un rôle déterminant pour la petite faune. Cela vous permet de participer aux mesures en faveur de la biodiversité locale, mais également à l’embellissement de votre commune.

Voir le portail www.fleurissement-participatif.fr et la fiche conseil Fleurissement privé et espace public sur le site www.caue45.fr.

À retenir & À consulter

N’oubliez pas de consulter la réglementation en vigueur dans votre commune. Vous y trouverez des indications utiles concernant les clôtures, la gestion des mares, les plantations (hauteurs et distances réglementaires par rapport au voisinage) et les plantes invasives.
Dans un jardin « résilient », on parle moins d’entretien que de gestion. En milieu urbain particulièrement, il faut veiller à ce que votre espace ne devienne pas source de nuisances pour vos voisins ou pour l’espace public. Il peut s’agir de taille raisonnée des arbres et arbustes, d’un petit débroussaillage, d’une surveillance attentive de l’évolution de la mare. En résumé, soyez présents mais pas intrusifs, sachez profiter de votre jardin « oasis » et reprenez votre observation pour constater les changements !

À consulter :
• Adapter son jardin au changement climatique, Jérôme Jullien, Éditions Eyrolles, 2021.
• Solutions pour un jardin résilient, climat, pollution, biodiversité… Jean-Paul Thorez, Éditions Terre vivante, 2022.

À voir sur le net :
• loiret-nature-environnement.org : nos outils.

• Sur le site du CAUE du Calvados : fiche pratique Pour un jardin-durable.pdf

• Sur le site du centre permanent d’initiatives pour l’Environnement : cpievaldeloire.org : CLIMATO

• Vidéo : BIODIV – LA SÉRIE OÙ ON S’ACTIVE

Auteur : CAUE du Loiret