Introduction
Différentes appellations sont utilisées pour désigner les baignades à traitement biologique. On parle ainsi de piscines naturelles ou écologiques, ou plans d’eau biotopes. Elles font partie des baignades artificielles au même titre que les plans d’eau créés par les réservoirs ou les barrages.
La définition des baignades artificielles selon l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) devenue l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) : « Une baignade artificielle est une masse d’eau captée et maintenue captive à des fins de baignade, par une artificialisation du milieu naturel et/ou par l’utilisation d’un dispositif artificiel, traitée ou non par des procédés biologiques et/ou physico-chimiques, mais de qualité non » désinfectée et désinfectante ».
En lien avec le souhait du public de se « mettre au vert », les baignades écologiques se sont développées en France et en Europe.
Ces baignades utilisent le pouvoir épurateur des plantes pour traiter les eaux. Le procédé repose sur un circuit fermé et trois bassins : une aire de baignade, un bassin de régénération où l’eau est oxygénée et un bassin d’épuration des eaux, dont la taille est proportionnelle à la capacité d’accueil de la zone de baignade. Une pompe aspire les eaux usées vers la zone de traitement, et restitue les eaux traitées vers l’aire de baignade, via le ou les bassins de régénération.
Longtemps, ces équipements n’ont fait l’objet d’aucune réglementation spécifique et n’étaient soumis à aucune obligation de contrôle sanitaire, malgré les recommandations d’un rapport de l’Anses remontant à 2009.
La réglementation sur les baignades biologiques a évolué depuis juillet 2019 (décret n° 2019-299 du 10 avril 2019 relatif à la sécurité sanitaire des baignades artificielles). Le statut de baignade biologique est désormais reconnu. Bien que flou quant à certains aspects techniques et respectant encore un principe de précaution, ce décret a le mérite de faciliter le positionnement des maîtrises d’ouvrage vers l’innovation tout en ayant un cadre au montage de leur projet.
Article Banques des Territoires (avril 2019) : De nouvelles règles sanitaires pour les baignades artificielles


Les baignades publiques
Les baignades ouvertes au public font l’objet d’un suivi par les agences régionales de santé (prélèvement et analyse hebdomadaire de l’eau de baignade, recommandation sur la fréquentation journalière, sur l’apport d’eau et sur l’information du public).
Pour en savoir plus, consulter le site internet du Ministère chargé de la santé qui présente le régime juridique des eaux de baignade et l’analyse de la qualité de ces dernières.
Les baignades naturelles publiques ont l’intérêt de facilement s’insérer dans un site naturel. Les bassins d’épuration et de régénération conservent une qualité paysagère tout au long de l’année, ils évoluent au fil des saisons.
Les essences végétales sont des plantes hydrophytes, rencontrées naturellement dans des plans d’eau (massettes, iris, roseaux, salicaires, menthes aquatiques…). Elles sont choisies pour leur pouvoir épurateur et oxygénant ainsi que leur esthétique (couleurs de floraison). Les plans d’eau ainsi créés constituent de véritables parcs paysagers, intégrés à la topographie du site. Ils constituent des observatoires de la faune et de la flore aquatique.
Différentes sociétés proposent la conception et la construction de baignades naturelles publiques.
Plusieurs baignades naturelles ouvertes au public ont déjà vu le jour en France.
[Exemples]
• Le plan d’eau biotope à Combloux (Haute-Savoie) : la première baignade en France a été réalisée en 2002, aux pieds du Mont Blanc.
Voir la fiche Observatoire CAUE et la fiche technique – CAUE de Haute-Savoie.
• Le Lac des Sapins, Cublize (Rhône) propose 40 hectares ouverts à la baignade dans un cadre naturel.
• Baignade naturelle, ouverte depuis l’été 2010 dans le Pays des Châteaux, à Mont-Près-Chambord, communauté de communes du Pays de Chambord (Loir-et-Cher).
Voir la fiche de l’observatoire des CAUE.
Les baignades privées
Plusieurs sociétés proposent la conception et la construction de baignades naturelles privées. L’hygiène et la qualité de l’eau des baignades privées sont placées sous la responsabilité du propriétaire, à qui il revient de répondre à certaines contraintes. Il est aussi recommandé de respecter des mesures de sécurité identiques à celles préconisées pour les piscines enterrées ou semi-enterrées habituelles (barrières, alarmes et/ou couverture de protection) définies par le décret du 7 juin 2004.
Les travaux d’aménagement d’une baignade sont soumis à déclaration de travaux auprès de la mairie (art. L1332-1, code de la santé publique).
Une baignade écologique peut être envisagée dans un jardin privé à condition de disposer de suffisamment d’espace pour implanter les différents bassins plantés nécessaires à l’épuration de l’eau (bassin d’épuration, de régénération et autres équipements). Une piscine classique peut évoluer en baignade naturelle selon des dispositions identiques.
Ces aménagements évoluent au fil des saisons et des années. La végétation utilisée pour le traitement des eaux et les petits animaux qui la colonisent spontanément (tritons, grenouilles, libellules…) les rendent vivants.
Les essences végétales sont des variétés hydrophytes, rencontrées naturellement dans des plans d’eau (massettes, iris, roseaux, salicaires, menthes aquatiques…). Elles seront sélectionnées selon leur adaptabilité à la région, leur pouvoir épurateur et oxygénant dans la zone d’épuration et le bassin de régénération ainsi que pour leur fonction décorative (couleurs de floraison). C’est le bassin de régénération qui achève d’épurer et d’oxygéner l’eau. C’est également lui qui agrémente la baignade naturelle et assure une meilleure intégration dans le jardin.

Le CAUE du Tarn a réalisé plusieurs fiches conseil sur les baignades naturelles (principes de fonctionnement et choix des végétaux).
Aides et acteurs
L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) assure des missions de veille, d’expertise, de recherche et de référence sur un large champ couvrant la santé humaine, la santé et le bien-être animal, et la santé végétale.
Depuis avril 2010, les agences régionales de santé (ARS) prennent le relais des directions départementales des affaires sanitaires et sociales en ce qui concerne la vérification des mesures de gestion mise en œuvre par le responsable de la baignade, les contrôles sanitaires et l’accompagnement des collectivités.
Dans le Loiret, ARS Centre-Val de Loire, Cité administrative Coligny
131 Faubourg Bannier 45044 ORLÉANS cedex 1
02 38 77 32 32
Le laboratoire Eurofins est agréé par le ministère de la Santé pour la réalisation des prélèvements et analyses du contrôle sanitaire des eaux (arrêté du 27 juillet 2010).
Eurofins – Laboratoire départemental d’analyses du Loiret
ZAC Les Esses Galerne
45760 Vennecy
02 38 77 48 90
Bibliographie
Ouvrages
• GUILLET Philippe, Le guide des piscines naturelles et écologiques, Éditions Eyrolles, 2e édition, 2011, 166 pages.
• GUILLET Philippe, Baignades écologiques, Éditions Eyrolles, 2011, 90 pages.
• FRANKE Wolfam, Piscines écologiques : de la conception à la réalisation, Éditions Ulmer, 2006, 143 pages.
Articles
• Débat horizons – Baignades bio, Paysages Actualités, juin-juillet 2019, pages 11-12.
• La Salle-les-Alpes opte pour la baignade écologique, Les cahiers du fleurissement, n°34, novembre et décembre 2013, pages 24-25.
• Piscines au naturel, Lien Horticole, n° 9, février 2008, pages12-13.
• Une piscine-étang écologique à l’eau limpide, Le Moniteur, n° 5199, juillet 2003, pages 42-43.